Tu sens bon la terre, ma terre...

Publié le 15 Octobre 2008

tu sens bon la terre, ma terre
tu sens bon la vie, ma mie
tu sens bon la pipe, mon père,
tu sens bon l'automne, la pluie...

Cette chanson d'Hugues Aufray  résonne parfois dans ma tête, sauf que moi, j'avais retenu "tu sens bon la vie, ma vie". Et je trouve ça mieux ;)
On nous la chantait, à la guitare, lors des veillées en classe de neige, quand j'étais gamine. J'en garde encore le souvenir, de toutes ces veillées passées, enfant ou ado, autour d'une guitare et parfois d'un feu de camp. En général, c'était en colo.
J'aimais ce genre de soirées en petits comités, où l'on chantait, on discutait entre nous, on se racontait des histoires.
Par contre, je n'ai jamais été attirée par les sorties en boite, les grandes soirées où tout le monde s'enivrait. Le bruit, l'aspect impersonnel... j'y suis allée parfois, je n'ai jamais aimé.
J'étais plutôt du genre rêveuse, idéaliste... sensible. J'étais sensible à la nature, même si je la ressentais plus que je ne l'observais, j'aimais sentir, écouter, admirer: le murmure du vent dans les arbres, le son des vagues à la mer, l'odeur des herbes aromatiques du jardin, la beauté des couleurs à l'automne...  
J'ai dans la tête l'odeur de la confiture que fabriquait ma maman, le gout des bonnes glaces à la fraise faites maison, le souvenir de l'odeur du foin qui me faisait éternuer (je suis allergique), le goût du gateau roulé au chocolat que la maman d'une copine fabriquait, le goût du miel que mes parents faisait l'été...
Mon enfance en Ardèche, c'était aussi ma maman et ma tante qui cousaient de nombreuses heures et fabriquaient de grands et beaux patchworks, et même dans ma plus petite enfance, maman filait la laine et tissait à la main avec un grand métier à tisser. Il y avait le macramé, aussi.
Je me souviens des longs étés à la maison, où parfois je m'ennuyais, où j'ai appris à rêver et où nous organisions de grands jeux entre frangines; je me souviens de ces voyages, qui ont fait que nous avons appris, mes soeurs et moi, à comprendre le monde; je me souviens de ma classe unique, où le matin, il faisait si froid  que la pâte à modeler était toute dure (nous la mettions sur le poêle à bois juste allumé, et ensuite elle fondait en laissant des taches) et où les planchers étaient si droits que quand on jouait aux billes, elles filaient toutes seules; je me souviens des baignades dans les rivières, des pique-nique en haute Loire; je me souviens des histoires qu'on racontait sur la bête du Gevaudan; je me souviens aussi des cours de violon que je prennais, et où on apprennait des gigues et des polkas. Je me rappelle aussi, des dessins animés qu'on regardait à la TV avec mes frangines, le mercredi après midi.
Tout ça, c'était dans les années... 70-80.
Je n'ai jamais eu envie de vivre en ville à cause de tout ça. J'y ai vécu pour mes études, mais cela me semblait bien loin de la vraie vie.

 

Rédigé par loukoum

Publié dans #Pensée du jour

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Je ne savais pas que c'etait d'Hugues Aufray...Moi j'aimais bien les parties d'ecureuil, on se marrait bien!
Répondre
L
<br /> ;)<br /> <br /> <br />
S
Et en lisant le commentaire de Maëlle: ça me désole aussi de voir tous ces enfants qui après l'école ont toutes ces activités. Forcément, le jour où ils se retrouvent à la maison, ils s'ennuient, ils sont habitués à ce qu'on leur soumette tout le temps des activités.
Répondre
L
<br /> <br /> chez nous, les gosses ont tout le temps des idées...pour occuper leurs parents! au cas ou ils s'ennuiraient... ne sait on jamais!<br /> <br /> <br /> <br />
S
De beaux souvenirs!Je crois que quand on a vécu comme ça, on a plus de mal à s'habituer à la ville...
Répondre
L
<br /> bah, on peut s'y habituer, mais de là à aimer y vivre...<br /> <br /> <br />
M
Merci pour cet article que je viens de lire et relire avec émotion, car tu exprimes avec beaucoup de sensibilité ce qui a fait ton enfance et t'a construite, et j'y retrouve un peu de mon propre vécu: les veillées-guitare plutôt que les soirées en boîte, les parfums d'été, la musique, ... "Apprendre à rêver", ça, j'approuve à 100%! Nous, on pouvait, on nous en laissait le temps... ça me laisse perplexe quand je vois les emplois du temps de ministre de certains enfants aujourd'hui ... ont-ils encore le temps de rêver, entre leurs cours de ceci, de celà, leurs va-et-viens entre école, nounou, maison de papa, celle de maman ...Nos années 70-80, elles ne sont pourtant pas si loin, mais j'ai bien peur que "le progrès" et notre vie trépidante n'interdisent à beaucoup d'enfants de connaître la douceur de vivre que nous avons connue pendant notre enfance...
Répondre
L
<br /> C'est pour ça que quand mon fils je me dis "je m'ennuie", je lui répond que c'est bien, que ça apprend à rêver. Il me regarde alors avec des yeux tous ronds en se disant "elle débloque!". :)<br /> <br /> <br />