Coup de mou

Publié le 26 Mars 2022

Une semaine sans masque au travail, ça m'a suffi pour attraper la grippe, et la fatigue qui va avec. Chaque fois c'est pareil, je mets plusieurs semaines à m'en remettre. Ca fait déjà plus d'une semaine que je l'ai attrapée, et aujourd'hui, j'ai dû laisser filer Mr Lo et Nono au ski sans moi :-( , à mon grand désespoir!.

Du coup, je déprime toute seule à la maison. La fatigue aidant, je broie du noir en pensant à la perspective de bientôt ne plus avoir aucun enfant à la maison. Je suis en pleine anticipation de ce qui nous pend au nez en septembre prochain, et j'ai déjà le syndrome du nid vide.

Le temps a passé tellement vite, que voilà, les oiseaux s'envolent déjà vers leur vie, et moi, j'ai pas eu le temps d'en profiter assez. C'est une fois qu'ils sont élevés que l'on se rend compte de tout ce qu'on n'a pas profité. Des moments que l'on n'a pas passé avec eux et qui ne reviendront jamais. Des moments où on était crevé, à bout, pas à l'écoute. Des moments où on avait la tête ailleurs et où on n'a pas profité complètement de ce qui était le plus important au monde: ses gosses.

On ne peut pas dire non plus qu'on n'a pas été présents pour eux, mais voilà, à l'heure du bilan, il y a toujours des choses que l'on aurait voulu faire mieux. On n'a pas tout raté, ça c'est sûr, parce que nos gosses, ils sont bien! Ce sont de chouettes personnes! On peut dores et déjà être très fiers d'eux!

Mais voilà, j'en ai le coeur serré de savoir que dans quelques mois mon Nono aussi aura quitté le domicile. On va devoir se réinventer avec Mr Lo, ça va aussi être un sacré changement dans notre vie de couple, un tournant qu'il ne faudra pas rater, à mon avis.

 

 

Et puis, mes idées noires vont aussi vers le manque de perspective à court terme que la vie nous offre. En gros, on n'a pas encore réussi à récupérer l'avoir d'Iberia par rapport au voyage au Mexique annulé à cause du covid. Du coup, on ne peut pas réserver autre chose, et quand je regarde les prix des billets, vers n'importe quelle destination, je prends peur!!! C'est HORS DE PRIX.

 

 

Je sais que ce qui me tient au quotidien, c'est la perspective de pouvoir mettre les bouts et visiter le Monde. Alors, sans ça, le boulot me pèse. Au lycée professionnel, j'ai tendance à mal vivre le manque de filtre de nos élèves, ainsi que leur manque de considération pour l'adulte qu'ils ont en face, leur manque de savoir être et de civisme, également. Ça fait que chaque heure de cours comporte des violences psychologiques tournées vers moi.  Sans compter le manque de soutien dont nous faisons preuve au quotidien dans toutes nos galères éducatrices, et le mépris qui vient même des hautes sphères de l'Etat, ça fait beaucoup de choses difficiles à vivre dans le travail. Alors je m'accroche toujours à ce qu'il y a à côté. Et les voyages sont, avec mes gosses, ce qui me donne le goût de continuer même sans reconnaissance aucune.

 

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Enfin, je suis inquiète. Avec cette guerre en Ukraine, le sentiment que rien n'est immuable s'est encore emparé de moi. Et j'ai peur d'avoir fait des gosses qui devront souffrir d'atrocités liées à la guerre. Je me sens impuissante de pouvoir les protéger de ce que le Monde a de plus moche à nous offrir malgré n'avoir cessé de leur montrer ce qu'il a de plus beau depuis toujours.

 

Ils sont en pleine fleur de l'âge, plein de projets, avec des ambitions. Il y a déjà eu le covid sur leur chemin, j'espère que l'avenir ne leur réserve pas d'autres écueils qui seraient encore plus difficiles à vivre. Personne ne le souhaite à ses gosses ni à ceux des autres.

​​​​​​​Et puis, je suis désabusée à l'approche des élections. Quelle tristesse d'observer la montée des extrémismes et de intolérance! Quelle tristesse de voir qu'à côté de ça, c'est l'argent qui risque, encore une fois, de gagner! Quelle épreuve de se dire que la retraite, pour nous, n'existera pas puisque quand nous pourrons partir nous serons déjà bien vieux et peut-être plus du tout en bonne santé. Quelles perspectives avons nous vraiment dans ce contexte ? Celle de finir nos jours alertes devant des marmots que nous ne comprendrons plus du tout (c'est déjà difficile !) et qui nous épuisent déjà... Alors dans 20 ans!!... Sans compter que si je veux une retraite à taux plein, ce n'est pas à 65 ans que je devrai partir mais à 67. C'est à dire 12 ans après mon père. Merci les gouvernements ! Y'a de quoi avoir la nausée.

Ils vont revoter pour ceux qui nous ont menti sans vergogne pendant la crise covid. Sans voir qu'en ce moment c'est l'abolition de la classe moyenne, le mépris de l'Ecole et la désintégration de l'hôpital public, la mise à mal de la pensée écologique, et la fin progressive des libertés individuelles.

​​​​​​​Je suis loin d'être complotiste, je suis pour le masque et plutôt pour la vaccination (quoique) mais il faut bien admettre que l'on nous a quand même souvent menés en bateau. Mais c'est pas grave. Continuons là où nous avons failli. 

Cette fois ce sera sans moi. J'irai voter pour, certes. Mais sûrement plus contre, pour après m'entendre dire que j'ai voté pour une programme contre lequel je suis totalement ! Ça m'est déjà arrivé deux fois. Ça n'arrivera plus. On m'a trop prise pour une imbécile.

Alors voilà. Vous voyez ce qui me passe par la tête ! C'est pas la joie. Vivement que je retrouve un peu de punch pour pouvoir mettre toutes ces pensées négatives de coté  et que mon instinct de survie et ma joie de vivre reprennent le dessus. A bas la grippe ! 

 

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Coup de mou

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L
Que se passe-t-il donc ? Je me croyais à l'abri, et je vis la même chose. C'est en train de me tomber dessus depuis deux jours, alors que je sais parfaitement que je n'ai pas de souci majeur.<br /> Mes enfants vont bien (ou font semblant), mes petits-enfants aussi (quoique il y en a un qui vient d'entrer à l'hôpital dans une unité fermée), je me croyais presque dans la classe moyenne (celle qui disparaît (entre le blocage des retraites et l'augmentation de tout le reste), je suis née juste après la deuxième guerre mondiale et je vivais en sécurité (c'est quoi qui nous menace en ce moment ?), je n'ai pas eu le COVID, j'ai failli partir en Corse en mai (on a sagement reporté), le printemps arrive sur ma montagne (sauf qu'on nous annonce encore la neige). <br /> Courage, les beaux jours vont nous redonner du tonus !
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L
Espérons oui! Déjà, après la fatigue de la grippe ça ira peut-être un peu mieux ! Bon courage !