Chronique d'un confinement, suite

Publié le 21 Mars 2020

Quand je travaille dehors je pense à tout ça.

Et je me dis, que quand-même, cela arrive parce que nous étions, en France, sur la pente descendante, dans un pays en train de sombrer.

Nos politiques n'ont clairement pas reconnu l'enjeu de l'arrivée de ce virus, depuis qu'il est en Chine. Ils auraient dû anticiper, acheter des respirateurs, des flacons de gel hydroalcoolique, des tests de dépistage et des masques en pagaille pour que, comme en Asie, (voir la Corée du sud), nous puissions faire face. Nous aurions pu y arriver . Je suis persuadée qu'on évite beaucoup la contamination en portant un masque.  Certes, il aurait certainement fallu beaucoup de temps aux français pour accepter d'en porter un car c'est tellement étranger à nos mentalité...  Et alors que l'OMS dit que ça ne sert à rien, je ne suis pas du tout d'accord avec ça. Si on est malade ça évite les projections, donc ça veut dire que toutes les personnes asymptomatiques peuvent éviter de contaminer les autres en portant un masque. Personnellement, j'étais prête à le faire s'il le fallait, en revenant d'Asie, quand tout le monde me fuyait. Et j'aurais bien fait le test, aussi, même s'il est douloureux, pour être vraiment sûr que je n'avais ramené aucune cochonnerie qui ne se verrait pas sur moi... Sauf que voilà, en France, on ne dépiste personne, et on n'a pas de masques. Merci le gouvernement, et bonjour la gestion de crise.

Bref. Nos politiques sont également responsables d'avoir laissé pourrir notre système de santé, depuis des années. Les soignants se battaient depuis des mois sans jamais être entendus pour avoir les moyens de soigner le peuple. Et voilà qu'il nous arrive une pandémie. Le truc, en plus, qu'on pouvait tout à fait prévoir: avec le réchauffement climatique, cela nous pendait au nez. Le libéralisme pourra avoir tous les morts de cette pandémie sur la conscience. Ils peuvent bien dire qu'ils en tireront les conséquences, ce sera trop tard, après.

On commence à voir que certains pays se démerdent beaucoup mieux que d'autres. L'Italie, c'est la cata, la Corée du sud, l'Allemagne semblent gérer avec moins de dégâts. L'Espagne, c'est pas terrible, et nous, c'est bientôt la cata. 

Mon oncle de 90 ans est allé voter dimanche. Ca montre tout à fait la connerie de cette décision de laisser les élections se passer malgré la situation. D'ici une semaine, on aura des malades partout. On a laissé les parisiens venir s'exiler à la campagne et ramener avec eux le virus, et la surpopulation pour des hôpitaux qui ne peuvent pas en assumer la charge.  

J'ai déjà plusieurs personnes dans mon entourage qui seraient atteints par ce virus, aucun n'a été dépisté, car évidemment, on ne dépiste que les cas grave. Une amie restée une semaine dans les choux avec de la toux et de la fièvre était prête à retourner bosser pour ne pas perdre son maigre salaire, au bout d'une semaine d'état grippal difficile... Pas dépistée, pas de corona...

Merci de ton humour, Philippe Geluck

Merci de ton humour, Philippe Geluck

Et puis, ce soir, je n'ai pas le moral non plus, car si ça se trouve, on ne vivra plus jamais comme avant, et ce à plusieurs niveaux: 

D'abord, peut-être qu'avec cette crise économique qui aurait pu être régulée avec un peu de bon sens et d'anticipation, on deviendra un pays qui ne se redressera pas, et qu'on va nous demander des compensations énormes à la sortie pour participer à "l'effort". Peut-être qu'en réalité, on n'aura plus accès à la nourriture, aux loisirs, et à tout ce qui fait notre société actuelle de la même façon. Peut-être que tout le monde, au final, va être obligé de se serrer la ceinture, encore plus que ce que nous ne faisions déjà... Bref. je ne sais pas ce qu'il peut advenir, peut-être quelque chose de beau et de grand, peut-être pas grand chose (nous reprendrons où nous en étions sans nous retourner), peut-être que nous sommes devant le début de "la fin", aussi. Celle dont nous avions peur mais que nous n'avions envisager.

Ensuite,  peut-être que ce n'est que le début d'une vague d'épidémies et de catastrophes naturelles qui auront pour effet de nettoyer la surface de cette Terre dont nous n'avons pas assez tenu compte, et qui, au final, se débarrasse de nous pour enfin pouvoir respirer. Peut-être que ce n'est que le début d'un cycle infernal...

Bref, c'est flippant tout ça. Surtout quand on a des enfants et qu'on veut ce qu'il y a de mieux pour eux. Je ne sais pas comment les jeunes d'aujourd'hui arrivent à avoir le moral, sérieux.

Je crois qu'au final, il vaut mieux que je passe mes journées à bosser en télétravail, ça me permet de moins cogiter à la situation!!!

Rédigé par Loukoum

Publié dans #Regards, #Pensée du jour

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