Les couverts à salade de tante Simone

Publié le 27 Décembre 2017

Les couverts à salade de tante Simone

Les fêtes, c'est aussi le moment où l'on se rappelle notre enfance, les moments passés en famille, avec ceux qui ont aujourd'hui disparu.


Alors j'écris cet hommage, en pensant à ma grand mère et à mes grand-tantes, qui avaient toutes des prénoms magnifiques, très "à l'ancienne", des prénoms qu'on ne voit plus aujourd'hui, et je suis très fière qu'elles les aient portés: Germaine, Simone, et Colombine, les trois grâces.

De tante Simone il me reste des couverts à salade et un saladier en pirex, que j'avais reçu en "héritage". Cela n'est rien, et pourtant, chaque fois que je les sors (et je m'en sers très souvent), je pense un peu à elle. Je me souviens en particulier de son appartement, dans lequel on a fété de nombreux Noël très joyeux, et de sa conduite.... plus que périlleuse, en 4L, dans les sens interdits de Valence... sans compter qu'elle ne dépassait jamais la seconde, alors le moteur vrombissait!

L'armoire qui est dans ma chambre, vient, elle, de chez Mamie Germaine, c'est pour ça qu'elle est particulière. Mamie germaine, elle était comme maman, dévouée. Avant qu'elle ne soit emportée par Parkinson, elle a voulu savoir si j'avais eu mon bac. nous allions souvent lui rendre visite dans son appartement, et souvent, elle nous recevait avec un plat de quenelles à la béchamel. A côté de ça, c'était une très bonne couturière.

Colombine, on la voyait moins, elle habitait dans le sud, vieille fille, tout comme Simone, elles avaient pas mal bourlingué toutes les deux. C'est peut-être de là que me vient mon goût pour le voyage et l'aventure. je crois qu'elles avaient fait de grands périples... à vélo! Il faut se mettre dans le contexte de l'époque...

J'ai récupéré aussi, beaucoup d'objets en bois, tournés par mon oncle défunt Marc, qui était ébéniste-tourneur. Mort trop tôt à 50 ans d'une maladie auto-immune. Chaque jour, grâce à ces objets que je trouve toujours aussi magnifiques, j'ai une pensée pour lui aussi.

De temps en temps, c'est à mamie Jacqueline que je pense, surtout quand je suis à fleur de peau, que je m'inquiète exagérément ou que j'en fais un peu trop dans le côté "cinéma" (hum!). Je me dis "ben mince alors! j'ai écopé de son caractère" (parce qu'on avait tant de mal à le supporter tellement elle en faisait des tonnes dans le mélodrame... repose en paix, mamie).

Mes deux grand-pères s'appelaient Roger. Si je garde très peu de souvenirs de papy Roger, mort quand j'étais très jeune, je sais qu'il avait des airs de Louis de Funès, et quand j'étais petite, voir l'acteur à la télé, ça me le rappelait. Mon autre papy, on l'appelait papy nounours, et ce que je retiens de lui, c'est qu'il ressemblait à F.Mitterand et qu'il savait faire bouger ses oreilles comme personne d'autre. Rien de son visage ne bougeait en même temps! dingue!

Parfois, j'ai une pensée attendrie aussi pour ma vieille mamie "Rosalie", arrière grand-mère paternelle, nous l'avons connu quelques années mes soeurs et moi. Quand elle appelait à la maison, on savait que maman en avait pour des heures, elle parlait, elle parlait! Et quand on passait la voir dans son appartement lyonnais, je me souviens du son des aiguilles de l'horloge, de son accent qui roulait le RRRR à la manière des habitants de la Bresse. Je me souviens de ses lobes d'oreilles qui pendaient avec ses lourdes boucles d'oreilles nacrées, de ses grains de beauté volumineux, et de la toile cirée à fleurs de sa cuisine. Elle est décédée après 90 ans, à l'époque, c'était énorme!

Je pense à eux de temps en temps, mais ne les ai pas très bien connu, mon oncle René, entièrement dévoué à sa femme Christiane, une vie durant. Une vie très spéciale puisque ma tante, aujourd'hui décédée à l'âge de 75 ans, a vécu 60 ans d'anorexie (comme quoi c'est possible!), suite à la naissance de ma mère (ce qui expliquait qu'on ne les voie pratiquement qu'aux enterrements). Hélas Son mari est décédé lui aussi, quelques années après elle, d'un cancer. C'est une vie bien triste, et je n'envie pas mes deux cousines, qui ont eu bien du mal à se construire de manière équilibrée, malgré un papa extraordinaire.

Et puis, de ma famille par alliance, je n'oublie pas Nany Dré. La grand mère de Mr LO. Je l'ai connue de son vivant, et c'était un femme de caractère, exceptionnelle et très distinguée. Elle a eu la classe jusqu'au dernier instant. Très citadine, elle avait tenu, en Normandie, un hôtel qui avait été réquisitionné par les allemands pendant la guerre. ceci expliquant peut-être cela, elle avait du répondant et de la poigne. J'en garde un très bon souvenir, elle a toujours été adorable avec moi.

Ils sont nombreux ceux qui nous ont quitté. mais finalement, c'est vrai, au fond, ils continuent tous de vivre un peu dans la mémoire de ceux qui les ont connu et aimé.

Rédigé par Loukoum

Publié dans #Petites histoires de rien du tout

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